Le capitão frémit intérieurement à ces menaces qui s'adressaient à lui; cependant, il fit bonne contenance.

«Ce chien mourra, dit-il.

—Lui et ceux qu'il conduit, répondit le chef; j'ai besoin de mon frère.

—Je suis aux ordres de Tarou-Niom.

—Les oreilles de mon frère sont ouvertes?

—Elles le sont.

Epoï, je parle. Pour la réussite de mes projets, il me faut l'assistance des Payagoas; sans leurs hoïnaka[4], je ne puis rien tenter. Émavidi-Chaimè m'a promis de m'en envoyer cinquante, montées chacune par dix guerriers, aussitôt que j'en témoignerai le désir. Mon frère le Grand-Sarigue ira demander les pirogues.

—J'irai.

—J'ai moi-même amené ici près le cheval de mon frère afin qu'il ne perde pas de temps à l'aller chercher. Voici mon keaio[5]. Mon frère le montrera à Émavidi-Chaimè, le chef des Payagoas, de la part de son ami Tarou-Niom, le capitão des Guaycurus, et il lui dira: «Tarou-Niom réclame l'accomplissement de la promesse faite.»

—Je le dirai, fit Diogo, qui répondait aussi laconiquement que possible.