—Oui, répondit Diogo rentrant immédiatement dans son rôle.
—Ce message m'est-il personnel ou s'adresse-t-il aux autres capitães de la nation et au grand conseil.
—Il n'est que pour mon frère Emavidi-Chaimè.
—Epoï, mon frère juge-t-il convenable de me le communiquer en ce moment, ou préfère-t-il attendre et prendre quelques heures d'un repos qui, peut-être, lui est nécessaire?
—Les guerriers guaycurus ne sont pas des femmes débiles, répondit Diogo; une course de quelques heures à cheval ne saurait rien ôter à leur vigueur.
—Mon frère a bien parlé; ce qu'il dit est vrai; mes oreilles sont ouvertes, les paroles de Tarou-Niom réjouissent toujours le cœur de son ami. Le capitão des Guaycurus a, sans doute, remis à mon frère un objet quelconque qui me fasse reconnaître la vérité de son message.
—Tarou-Niom est prudent, répondit Diogo; il sait que les chiens Paï foulent maintenant la terre sacrée des Guaycurus et des Payagoas, la trahison est venue avec eux.»
Ôtant alors de la ceinture, où il l'avait placé, le couteau que lui avait remis le chef, il le présenta au Payagoas.
«Voici, dit-il, le keaio de Tarou-Niom, le capitão Emavidi-Chaimè le reconnaît-il?»
Le chef le prit dans ses mains, le considéra un instant avec attention et le replaçant sur la table: