«Je le reconnais, dit-il; mon frère peut parler, j'ai foi en lui.»

Diogo s'inclina en signe de remercîment, passa de nouveau le couteau à sa ceinture et répondit:

«Voici les paroles de Tarou-Niom; elles sont gravées dans le cœur du Grand-Sarigue; il n'y changera pas un mot. Tarou-Niom rappelle au capitão des Payagoas sa promesse; il lui demande s'il a réellement l'intention de la tenir.

—Oui, je tiendrai la promesse faite à mon frère, le capitão des Guaycurus; aujourd'hui même le grand conseil s'assemblera, et demain les pirogues de guerre remonteront la rivière; moi-même les dirigerai.»

Diogo fit un geste d'étonnement.

«Que veut donc dire mon frère? fit-il, je ne le comprends pas; ne dit-il point que les pirogues de guerre remonteront la rivière?

—Je l'ai dit, en effet, répondit le chef

—Pour quelle raison mon frère prendra-t-il cette direction?

—Mais pour aider, ainsi que cela a été convenu entre nous, Tarou-Niom à vaincre les chiens Paï, n'est-ce pas l'accomplissement de cette promesse que réclame de moi le capitão?

—Écoutez les paroles du chef; les Paï sont enveloppés par mes guerriers; la fuite leur est impossible; déjà découragés et à demi mourants de faim, dans deux ou trois soleils au plus tard ils tomberont entre mes mains, que mon frère Emavidi-Chaimè se souvienne de sa promesse.