—Eh bien? interrompit le chef.

—D'autres ennemis plus sérieux, continua imperturbablement Diogo, nous menacent en ce moment et réclament notre attention.

—C'est donc vrai ce que m'a, ce matin même, annoncé un de mes éclaireurs? s'écria le chef avec une émotion mal contenue.

—Ce n'est malheureusement que trop vrai, répondit froidement Diogo, qui ne soupçonnait pas le moins du monde à quoi le Payagoas faisait allusion, mais qui brûlait de le savoir; c'est spécialement dans le but de vous confirmer cette nouvelle et de prendre avec vous les dispositions nécessaires, c'est-à-dire, fit-il avec un sourire gracieux, concerter seulement les mesures de sûreté qu'il vous plaira d'adopter dans l'intérêt général et les reporter immédiatement à Tarou-Niom, afin qu'il puisse vous appuyer efficacement, qu'il m'a envoyé près de son frère.

—Ainsi, les blancs entrent par tous les côtés à la fois sur notre territoire?

—Oui.

—Le capitão Joachim Ferreira serait donc réellement parti de Villa-Bella, à la tête d'une expédition nombreuse?

—Il ne peut y avoir le moindre doute à cet égard, répondit résolument Diogo, qui, pour la première fois, entendait parler de cette expédition.

—Et Tarou-Niom, reprit le chef, pense que je dois disputer le passage aux Paï?

—Six mille guerriers se joindront à ceux du chef payagoa.