—Mais c'est surtout le passage de la rivière qu'il est important de défendre.

—Cette opinion est aussi celle de Tarou-Niom.

—Epoï, mes guerriers, aidés par ceux de mon frère Tarou-Niom, garderont le gué de Camato (cheval), tandis que les grandes pirogues de guerre intercepteront les communications et inquiéteront les Paï le long de la rivière. Est-ce cela que désire le capitão guaycurus?

—Mon frère a parfaitement saisi sa pensée et compris ses intentions.

—A combien fait-on monter le nombre des Paï qui viennent de Villa-Bella?

—On a assuré à Tarou-Niom qu'ils étaient au moins deux mille.

—Aï! Voilà qui est extraordinaire, s'écria le chef; on m'avait certifié, à moi, que leur nombre ne dépassait pas cinq cents.»

Diogo se mordit les lèvres, mais se remettant aussitôt:

«Ils sont plus nombreux que les feuilles balayées par le vent d'orage, dit-il; seulement, ils se sont divisés en petits détachements de guerre, afin de tromper l'œil clairvoyant des Payagoas.

—Eha! s'écria le chef avec stupeur, voilà qui est terrible!