Soudain, au détour d'un sentier, il se croisa avec un cavalier qui arrivait sur lui avec une rapidité égale à la sienne; les deux hommes échangèrent un regard au passage.
Diogo ne put retenir une exclamation de surprise et presque de crainte. Dans ce cavalier il avait reconnu Malco Díaz!
«Voilà la chance qui tourne!» grommela-t-il entre ses dents, tout en excitant encore son cheval, qui semblait dévorer l'espace.
[1] Textuellement: Beaucoup de monde. (Note de l'auteur.)
[IX]
LA CHASSE.
La rencontre imprévue du mamaluco avait subitement bouleversé le cours des idées de don Diogo, si joyeux de la façon dont il s'était tiré de la scabreuse expédition dans laquelle il s'était engagé un peu à l'aventure.
Le regard inquisiteur que lui avait jeté l'ex-guide au passage, le cri que lui-même avait, dans l'explosion de la surprise, laissé échapper, toutes ces circonstances, frivoles en apparence, lui donnaient fort à penser et l'inquiétaient sérieusement.
L'œil de la haine est clairvoyant; l'Indien ne se dissimulait pas que le métis devait lui conserver au fond du cœur une rude rancune, non seulement pour la façon dont il l'avait poursuivi après son départ du camp, mais parce que lui, Diogo, avait en quelque sorte pris sa place auprès du marquis, et pouvait réussir, grâce à sa connaissance approfondie du désert, à le faire échapper au piège si adroitement tendu par le métis et depuis si longtemps préparé.