L'Indien me regarda avec étonnement.
«Ne le savez-vous pas, mi amo, me dit-il.
—Comment le saurais-je, puisque je viens ici aujourd'hui pour la première fois.
—Oh! C'est que ce pays est bien connu, mi amo, reprit-il, de bien loin on vient pour le voir.
—Je n'en doute pas, cependant je désirerais savoir son nom.
—Eh! Mais c'est l'endroit où nous nous rendons, mi amo; vous voyez devant vous la fazenda do rio d'Ouro, il paraît que dans les anciens jours toutes ces montagnes que vous voyez étaient remplies d'or et de pierres précieuses.
—Et maintenant? demandai-je intéressé malgré moi.
—Oh! Maintenant, on ne travaille plus aux mines, le maître ne le veut pas; elles sont comblées ou envahies par l'eau; le maître prétend qu'il vaut mieux travailler la terre, et que c'est là le véritable moyen de se procurer la richesse.
—Il n'a pas tort; comment se nomme l'homme bon qui raisonne d'une façon aussi juste?
—Je ne sais pas, mi amo; on prétend que la fazenda et toutes les terres qui en dépendent appartiennent à don Zèno Cabral; mais je n'oserais l'assurer; du reste, cela ne m'étonnerait pas, car on raconte de singulières choses sur ce qui se passe dans les caldeiras que vous voyez là-bas, ajouta-t-il en me désignant du doigt des trous ronds en forme d'entonnoir, percés dans les rochers, lorsque le Viraçao s'élève sur la surface du lac et en agite les eaux avec tant de violence que les pirogues sont en danger de périr.