—Que raconte-t-on donc de si extraordinaire?
—Oh! Des choses effrayantes, mi amo, et que moi, qui suis un pauvre Indien, je n'oserais jamais répéter à un señor comme vous.»
J'eus beau presser mon guide pour l'obliger à s'expliquer, je ne pus en tirer que des interjections de frayeur accompagnées d'innombrables signes de croix. De guerre lasse, je renonçai à l'interroger davantage sur un sujet qui paraissait lui déplaire tant, et je changeai de conversation.
«Dans combien de temps arriverons-nous à la fazenda? lui demandai-je.
—Dans quatre heures, mi amo.
—Croyez-vous que don Zèno sera déjà arrivé et que nous le rencontrerons?
—Qui sait, mi amo; si le señor don Zèno veut être arrivé, il le sera; sinon, non.»
Battu sur ce point comme sur le premier, je renonçai définitivement à adresser à mon guide des questions auxquelles, comme à plaisir, il faisait de si ridicules réponses, je me bornai à lui donner l'ordre du départ.
Au fur et à mesure que nous descendions dans la vallée, le paysage changeait et prenait des aspects d'un effet saisissant; je parcourus, ainsi, sans m'en apercevoir, l'espace assez étendu qui me séparait de la fazenda.
Au moment où nous commencions à gravir un sentier assez large et bien entretenu qui conduisait aux premiers bâtiments, j'aperçus un cavalier qui accourait vers moi à toute bride.