Il y eut un silence de quelques instants; ce fut le Guaycurus qui le rompit.
«Mon frère Emavidi-Chaimè a-t-il vu jamais, dit-il d'une voix sourde, les jaguars s'attaquer entre eux et se faire la guerre?
—Jamais, répondit le chef payagoas.
—Alors, pourquoi le chef croit-il à la bonne foi de cet homme? Le sang indien, s'il lui en reste quelques gouttes, est tellement mêlé dans ses veines avec celui des blancs et des noirs, qu'il a perdu toute sa vigueur et n'est plus qu'une eau rougeâtre sans qualité efficace.
—Mon frère parle bien, ses paroles sont justes, aussi n'est-ce pas sur la bonne foi de ce mamaluco que je compte.»
Tarou-Niom leva la tête.
«Sur quoi donc alors? demanda-t-il.
—Sur sa haine, d'abord, et ensuite ...
—Ensuite?...
—Sur son avarice.»