«Il est bien tard, dit encore le Guaycurus.
—La route est longue pour venir ici, répondit laconiquement le Payagoas.
—Le mamaluco a-t-il expliqué à mon frère pour quelle raison il désirait le concours de ses guerriers et des miens.
—Non, Malco est prudent, un esclave peut trahir la confiance de son maître et vendre son secret à un ennemi; le mamaluco se réserve de nous instruire lui-même de l'affaire qu'il nous veut proposer; mais je connais Malco depuis longtemps déjà, et je sais que jusqu'à un certain point nous aurions tort de ne pas nous fier à lui.
—Bon! répondit le chef avec hauteur; à moi, que m'importe cet homme? Je ne suis venu que sur l'invitation de mon frère; je sais que lui ne me trahira pas, cela me suffit.
—Je remercie mon frère Tarou-Niom de son opinion sur moi; depuis longtemps déjà je lui suis dévoué.»
En ce moment, on entendit un bruit éloigné, léger, presque insaisissable d'abord, mais qui se rapprocha rapidement et ressembla bientôt au grondement d'un tonnerre lointain.
Les deux Indiens prêtèrent l'oreille pendant quelques secondes, puis ils échangèrent un sourire.
«C'est le galop d'un cheval, dit Tarou-Niom.
—Dans quelques minutes, il sera ici.»