Les chefs ne s'étaient pas trompés, c'était en effet le galop furieux d'un cheval qui arrivait avec une extrême rapidité.

Bientôt les branches se brisèrent, les buissons s'écartèrent sous l'effort puissant du poitrail d'un cheval lancé à toute course, et un cavalier bondit dans la clairière.

Arrivé à deux pas des guerriers, il arrêta court sa monture, sauta à terre et abandonna la bride à l'esclave, qui s'en empara et conduisit le noble animal auprès des deux autres qu'il surveillait déjà.

Le cavalier, qui n'était autre que le mamaluco que nous avons déjà présenté au lecteur dans la tente du marquis, salua les Indiens et s'assit en face d'eux.

«Mon ami a bien tardé, lui dit au bout d'un instant le Payagoas.

—C'est vrai, capitão, répondit Malco en essuyant du revers de la main droite son front couvert de sueur; depuis longtemps déjà j'aurais dû être ici; mais cela m'a été impossible: mon maître a campé dans un lieu plus éloigné que je ne le supposais, et, malgré mon vif désir d'être exact au rendez-vous que je vous avais assigné, il m'a été impossible de venir plus tôt.

—Bon; ce n'est rien, puisque voilà le Sertanejo. Quelques heures de perdues ne sont rien, si l'affaire qu'il nous veut proposer est bonne.

—Bonne, je la crois telle; d'ailleurs, vous la jugerez; êtes-vous toujours résolus de rompre la trêve que, il y a sept lunes, vous avez conclue avec les blancs?

—Que fait cela au Sertanejo? répondit sèchement le Guaycurus.

—J'ai besoin de le savoir avant de vous expliquer ce qui m'amène.