—Vous n'avez rien à redouter du senhor Malco.

—Tout violent et tout méchant qu'il est, Seigneurie, répondit le capitão avec une certaine animation, je ne le crains pas, et il le sait bien; cette fois-ci n'est pas la première où nous avons eu maille à partir ensemble; déjà à diverses reprises nous nous sommes mesurés et nos griffes se sont trouvées de même longueur.

—Je n'attachais pas à mes paroles le sens que vous leur prêtez, senhor, vous n'avez rien à redouter de Malco Diaz, par la raison toute simple qu'il n'est plus à mon service et qu'il a quitté le camp pour ne plus y revenir, sans doute.

—Comment, Seigneurie, s'écria l'Indien avec étonnement, vous l'avez congédié?

—Non pas, c'est lui-même, de son plein gré qui nous a abandonnés à nous-mêmes.»

Le capitão fronça les sourcils en hochant la tête à plusieurs reprises.

«Votre Excellence a eu tort de le laisser partir; lorsqu'on tient en son pouvoir un coquin de cette trempe, on ne le lâche pas.

—Que pouvais-je faire? Son engagement était terminé, il a refusé de le renouveler ou seulement de le prolonger de quelques jours, j'ai été contraint de consentir à son départ.

—C'est juste, Excellence, pardonnez-moi; cet homme était libre, vous ne pouviez pas le retenir; c'est égal, en pareil cas, moi je n'aurais pas agi ainsi, surtout après les soupçons que vous m'avez dit avoir sur lui.

—Je sais bien que j'ai eu tort; malheureusement je n'avais aucun prétexte à lui donner, aucune raison plausible à faire valoir pour l'arrêter, cela aurait produit un scandale que j'ai voulu éviter; si j'avais échoué cela aurait probablement précipité la catastrophe qui sans doute nous menace.