—Señor don Blas, je vous remercie comme je le dois de l'offre bienveillante qu'il vous plaît de me faire; je crains pourtant de ne pas être maître de l'accepter.
—Ce serait jouer de malheur, señor, reprit-il; et quel motif assez sérieux vous en empêcherait, si vous me permettez de vous adresser cette question?
—Mon Dieu! répondis-je en souriant, par un motif assez plausible, comme vous le reconnaîtrez sans peine, c'est que peut-être nous ne suivons pas la même direction.
—Je n'avais pas réfléchi à cela; cependant, si vous daignez me faire connaître le but de votre voyage, qui sait si nous n'allons pas assez près l'un de l'autre?
—Je ne vois aucun inconvénient à vous apprendre que je me rends dans le Bajio.
—Oh! oh! dans le Bajio! le voyage n'est pas sans danger, en cette saison, pour un étranger.
—C'est ce que l'on m'a dit; malheureusement, de sérieuses raisons m'empêchent de retarder mon départ.
—Je n'ai rien à objecter à cela. Peut-être désireriez-vous visiter les mines de Mellado, de Rayas ou de la Valenciana?
—Je le voudrais, car j'ai entendu raconter sur ces mines des choses qui ont vivement piqué ma curiosité; mais à mon grand regret, je serai forcé de me priver de ce plaisir: je vais dans la partie la plus basse du Bajio, près des prairies mouvantes de la Caldera, à un rancho nommé le rancho d'Arroyo Pardo, assez loin des mines dont vous parlez.
—En effet, répondit don Blas, dont le visage s'était tout à coup rembruni en écoutant ma confidence; il hocha la tête à deux ou trois reprises différentes, regarda autour de lui d'un air de méfiance, et, rapprochant son cheval du mien en se penchant vers moi, il reprit en me parlant presque à l'oreille, d'une voix basse comme un souffle: