—Je n'ai jamais douté de l'amitié de mon frère; c'est un illustre chef, et je suis flatté de l'offre qu'il veut bien me faire, répondit le jeune homme sans se compromettre.

—Eh bien, que mon frère dise un mot, et deux cents guerriers comanches se joindront à lui pour délivrer le Pigeon-Volant et prendre la chevelure de ses ravisseurs.

—Merci, chef, votre offre est loyale, et je l'accepte; je sais que vous êtes honnête et que votre parole est sacrée.

—Michabou[9] nous protège, dit l'Indien en se levant; mon frère peut compter sur moi: qu'il suive les ladrones, je me charge de les lui livrer sans défense.

—Mais, reprit le chasseur, quand nous aurons sauvé la jeune fille, à qui appartiendra-t-elle?

—Rant-chaï-vaï-mè est sage, répondit noblement l'Indien, elle choisira entre le Faucon-Noir et Nauchenanga; heureux celui sur lequel tombera son regard; l'autre se retirera sans se plaindre: la douleur aime la solitude.

—Voici ma main, chef, et, quel que soit l'arrêt de celle que j'aime, je saurai m'y soumettre en homme de cœur.

—Mon frère parle bien, reprit l'Indien; Michabou a entendu son serment.

Et, s'inclinant avec courtoisie, le chef comanche se retira sans ajouter une parole.

Quelques minutes plus tard, les chasseurs quittaient la clairière pour se mettre à la poursuite des gambucinos.