Octave et Carmen, en proie à la plus vive anxiété, ne savaient s'ils devaient craindre ou se rejouir.
Le général se hâta de dissiper leurs doutes.
—Colonel, dit-il avec bonté, vous avez commis une faute grave en enlevant une jeune fille alliée aux premières familles du pays, cette faute exige une réparation, le président Juárez ordonne que vous épousiez doña Carmen dans le plus bref délai; votre cuadrilla est incorporée à l'armée. Quant à vous, vous êtes libre, après votre mariage, de vous retirer où bon vous semblera.
—Oh! général, c'est trop de bonté, s'écria le jeune homme avec émotion.
Doña Carmen s'était jetée dans les bras du colonel.
—Me pardonnez-vous la peur que je vous ai faite à mon insu, señorita? reprit le vieux soldat.
—Ah! caballero, s'écria-t-elle, ne vous dois-je pas mon bonheur?
—Maintenant, à Mexico! dit le général en levant son épée. Colonel, je vous demande l'hospitalité pour cette nuit; quant à cette charmante enfant, il lui faudra pour quelques jours se résigner à retourner au couvent.
Les officiers fédéraux avaient fait reprendre leurs rangs aux soldats, et bientôt toutes les troupes répétèrent: A Mexico! au milieu des cris de joie, des illuminations, des vivats et des pétards, suivis par toute la population qui jamais n'avait paru si heureuse.
La révolution était finie et Miramón déjà oublié ... de ses amis.