Les deux officiers dont les noms venaient d'être prononcés saluèrent cérémonieusement.

Pincheyra leur lança un regard perçant, et, s'adressant à celui qui avait été désigné sous le nom de don Estevan Mendoza:

—La prudence, sans doute, vous a engagé, caballero, à vous cacher modestement sous le nom de don Estevan.

—Señor, balbutia l'Espagnol.

—Rassurez-vous, caballero, continua don Pablo; bien que ces précautions soient inutiles, je comprends vos scrupules; votre incognito sera respecté.

Don Estevan, ou du moins la personne qui s'était donné ce nom, rougit de honte et de confusion à ces paroles à double tranchant; mais il ne trouva rien à répondre et s'inclina silencieusement avec un geste de dépit mal dissimulé.

Don Pablo sourit d'un air narquois et, se tournant vers don Antonio:

—Continuez je vous prie, caballero, lui dit-il.

Celui-ci avait été aussi surpris que contrarié de l'observation railleuse du partisan, et ce n'avait été qu'avec une certaine difficulté qu'il était parvenu à cacher le désappointement qu'elle lui avait fait éprouver; cependant, ainsi interpellé par don Pablo, il s'inclina et répondit:

—Les deux autres personnes qui m'accompagnent sont: l'une un chef indien araucan renommé.