Plus tard, lorsque des temps plus calmes furent revenus, l’ancien cardinal-archevêque de Lyon était mort ; son successeur fit faire, dans les Alpes, de minutieuses recherches qui restèrent infructueuses. Nul ne trouva rien.
Certaines parties des montagnes bouleversées par les ouragans et les éboulements avaient complètement changé d’aspect. Les quelques points de repère que l’on avait notés, avaient disparu. Il fallait en prendre son parti et renoncer pour toujours, peut-être, à rentrer en possession de cet immense trésor.
Le hasard, comme on le voit, avait favorisé Marcel, en lui faisant, sans qu’il y songeât, retrouver ces richesses, si longtemps et si vainement cherchées.
Du reste, à quoi toutes ces choses précieuses pouvaient-elles lui être utiles dans la situation où il était placé ? Il se rappela en souriant le coq de la fable qui a trouvé une perle et dont un simple grain de mil ferait bien mieux l’affaire. D’ailleurs, quand bien même il eût trouvé l’utilisation de ces trésors, son honnêteté lui imposait le devoir de le rendre intact à ses propriétaires dès que cela lui serait possible.
Le seul bénéfice réel qu’il retira de cette découverte fut la provision de ciment, de plâtre, d’outils dont il s’empara, ainsi que de la meule à affûter, et les caisses de verre qui lui servirent à vitrer ses fenêtres et construire une serre chaude.
Après avoir pieusement donné la sépulture aux restes des infortunés religieux, il plaça une croix sur leur tombe. Il referma ensuite toutes les issues qui lui avaient livré passage, enleva le ciment et tout ce qui pourrait lui être utile pour ses constructions et transporta le tout dans sa grotte. Il se mit aussitôt à l’œuvre pour faire son moulin à farine.
Grâce à ses nouveaux outils, crics, leviers, palans, échafaudages, il réussit à se fabriquer avec un quartier de rocher dure une meule convenable d’un poids suffisant et très bien travaillée.
Deux mois plus tard, le moulin fonctionnait et Marcel, sur l’emplacement même de la trappe qui donnait accès dans le souterrain des religieux, avait construit un charmant kiosque en briques, de forme octogone, et y avait placé un plancher en bois dissimulant la trappe et ne la laissant à découvert que grâce à un système d’ouverture dont il avait le secret.
Il s’était ménagé ainsi un charmant retiro.
Il se réservait de faire une excursion dans la partie de la montagne qu’il avait découverte à l’issue du souterrain.