Peut-être ce plateau lui fournirait-il de nouvelles ressources ; il y trouverait probablement une route qui lui permettrait de descendre dans la vallée.

Ce point, nous l’avons dit, était de médiocre importance pour lui ; il n’entrait que pour mémoire dans ses combinaisons.

Quand il s’était mis un projet en tête, il l’exécutait aussitôt.

Il résolut donc de faire le lendemain même cette longue excursion, si toutefois le temps était favorable.

On était au plus fort de l’hiver, mais la saison n’était pas rude.

Le soleil se leva radieux ; tout promettait une journée assez froide. Marcel, qui ne vit rien là d’effrayant, distribua à tous ses animaux la nourriture de toute la journée et avisa au moyen de les empêcher de souffrir de son absence si elle venait à se prolonger jusqu’au lendemain.

Après avoir fait sa toilette et déjeûné de bon appétit, il chargea son sac, rempli de provisions de bouche et de quelques outils, sur ses larges épaules, pendit sa hache à sa ceinture, mit son fusil en bandoulière, prit son bâton de montagnard, siffla ses chiens et se mit en route.

Le temps était froid, mais le voyageur était bien couvert ; comme il marchait d’un bon pas, il fut vite réchauffé. Il arriva au kiosque qu’il avait construit, souleva la table et pénétra dans le souterrain.

Parmi les objets qu’il y vit, beaucoup lui auraient été très utiles. Tels étaient les flambeaux, des sièges et des bahuts antiques et surtout un certain nombre de pièces de vin destinées sans doute aux repas des fugitifs, deux ou trois fûts d’eau-de-vie, des glaces, des vitraux et d’autres choses encore.

Il ne voulut ni s’approprier ces richesses, ni même y toucher. Ce trésor devait avoir un possesseur légitime, le cardinal-archevêque de Lyon. Il semblait à Marcel que s’emparer du moindre objet serait commettre un vol. Il était résolu, dès qu’il en trouverait l’occasion ou la possibilité, de rendre ces richesses intactes à leur propriétaire.