Toutes ses pensées convergèrent vers la solution de ces difficultés.

Son repas terminé, il serra ses provisions et se remit en route. Tout autour de lui, mais à distance respectable, ânes et moutons sautaient, gambadaient, le regardaient avec de grands yeux effarés et semblaient le narguer.

— C’est bon ! c’est bon ! grommelait le jeune homme en leur jetant un regard railleur. Moquez-vous de moi, mes gaillards ! J’aurai ma revanche. Rira bien qui rira le dernier !

Les ânes se cabraient, lançaient des pétarades et galopaient à qui mieux mieux.

— Quel malheur ! se dit Marcel en hochant la tête, que je n’aie pas découvert ce souterrain dès les premiers jours de mon arrivée sur la corniche ! Ces ânes auraient été pour moi de précieux auxiliaires. Ils m’auraient évité d’énormes fatigues ; mes travaux auraient été mieux et plus promptement terminés. Enfin ! Dieu l’a voulu ainsi, il faut bien se résigner ! Aujourd’hui leur secours n’est pas à dédaigner, je construirai des charrettes et des charrues, je labourerai et rentrerai plus aisément mes récoltes.

Tout en faisant ces projets, il continuait son exploration. Son esprit, disons-le, était autre part ; il se creusait la tête pour trouver le moyen de conduire ces utiles animaux sur la corniche.

Il marchait ainsi depuis deux heures, et il était arrivé sur les bords d’un précipice d’une profondeur vertigineuse, au fond duquel grondaient, avec de mystérieux murmures, des eaux invisibles.

Soudain, il s’arrêta et se frappa le front.

Il se trouvait devant la forêt de vieux chênes dans laquelle il avait tué la laie. Les derniers arbres de ce bois centenaire poussaient sur des roches placées à dix mètres à peine des lèvres du précipice près duquel il marchait.

La forêt interrompue par ce gouffre se continuait immense et touffue du côté où il était parvenu, c’est-à-dire sur le plateau des Religieux, ainsi qu’il l’avait nommé.