— Maintenant, dors ! reprit le fantôme. Quand tu t’éveilleras, tu seras guéri, pauvre enfant !
Marcel retomba sur son lit, avec un soupir de bien-être. Ses yeux se fermaient ; cependant, entre ses paupières mi-closes, il suivait, tant que cela lui était possible, les mouvements de son étrange visiteur.
Il lui semblait que celui-ci s’éloignait de son pas de statue, silencieux et automatique, vers le fond de la grotte ; mais ses idées se brouillèrent presque subitement ; il perdit le sentiment et s’endormit profondément.
Lorsqu’il s’éveilla, il faisait grand jour. Le soleil lançait ses flèches d’or sur toute la nature ; un air frais et embaumé pénétrait dans la chambre ; le temps était magnifique.
Les chiens, les ours et les loutres, assis gravement autour du lit de leur maître, épiaient son réveil d’un air anxieux.
Marcel se sentait tout ragaillardi, il n’éprouvait plus la moindre souffrance. Il était gai et heureux.
Il caressa chaleureusement ses bonnes bêtes, leur parla et sauta joyeusement hors du lit.
Il fit sa toilette avec le plus grand soin, puis il sortit pour donner la pâture à ses animaux, qu’il avait, bien malgré lui, négligés depuis cinq jours.
Il fut accueilli avec des cris de joie et des battements d’ailes. Quand tout fut remis dans l’ordre habituel, il monta sur Jean-Pierre et fit une longue promenade à travers ses plantations, afin de constater les dégâts causés par l’orage de la nuit.
Ces dégâts étaient insignifiants. Deux ou trois heures suffiraient pour tout réparer.