Une heure après, les chiens avaient la piste.

Cela fait, la chasse commença ; elle fut menée rondement. Une heure à peine après s’être mis en route, les chiens reconnurent les passées du sanglier et se lancèrent sur sa piste.

Elle fut suivie jusqu’au fort du solitaire. Mais celui-ci, averti par les aboiements formidables de la meute, avait deviné le danger ; il avait aussitôt décampé en piquant une pointe tout droit devant lui.

L’animal était très vigoureux. Il se fit battre longtemps en plaine ; puis, par un crochet soudain, il se lança sous bois, où la chasse recommença avec un nouvel acharnement.

Pendant cinq heures, ce fut à peine s’il se laissa apercevoir. Mais enfin ses forces s’épuisèrent ; il devint lourd et commença à raser.

Enfin, se sentant perdu, le pauvre animal revint à son fort, où il tint désespérément tête aux chiens. Ceux-ci le coiffèrent si rudement que Marcel, ne pouvant se servir de son fusil, lui plongea son couteau jusqu’au manche dans le cœur.

Il fit la curée aux chiens, puis il songea à conduire sa proie à la grotte.

Ce n’était pas chose facile, car l’animal était énorme et pesait près de trois cents kilogrammes.

Il fallut l’emporter dans une charrette que Marcel alla chercher.

Aussitôt arrivé, il flamba, échauda le sanglier et le prépara pour le saloir.