Le saloir, lorsqu’il était plein, était placé dans la cuisine. Celle-ci étant déjà fort encombrée d’objets de toutes sortes, sans compter le fourneau et le four, qui tenaient une grande place, Marcel, pour se débarrasser, avait relégué le saloir vide dans un compartiment assez éloigné de la grotte.

Dès que le sanglier fut préparé, le jeune homme alluma une lanterne et s’enfonça dans les profondeurs de la grotte.

Soudain, il poussa un cri étouffé de surprise et se pencha vivement vers le sol, qu’il examina avec la plus scrupuleuse attention. Il marchait avec précaution, le corps presque courbé en deux et les yeux obstinément fixés à terre.

— C’est singulier ! murmura-t-il à plusieurs reprises. Sur ma foi, je n’y comprends rien, dit-il tout à coup ; est-ce que ce serait vrai ? Terminons d’abord notre affaire. Cette nuit, j’aurai tout le temps de me livrer aux recherches que je jugerai nécessaires. Commençons par le plus pressé.

Il chargea le saloir sur sa brouette et le transporta dans la cuisine, où il l’installa à sa place accoutumée.

Il le lava, le nettoya avec soin ; puis procéda au salage, qui lui prit un temps considérable. Il était un peu plus de sept heures du soir, quand il eut terminé ce travail.

Il remit tout en ordre, prépara son dîner et se mit à table. Tout en mangeant de bon appétit, il était en proie à une surexcitation nerveuse, qui allait croissant à mesure que la nuit se faisait plus profonde.

Enfin il leva la tête.

— Je suis fatigué, murmura-t-il. Cette exploration peut être longue ; car jamais la pensée ne m’est venue de m’assurer de l’étendue de cette grotte. Cette fois, quoi qu’il arrive, je la parcourrai tout entière. Je veux avoir le cœur net de cette affaire. Je vais dormir jusqu’à une heure du matin. Ce repos de quelques heures me donnera les forces nécessaires. Près de quatre heures de sommeil, c’est plus qu’il ne m’en faut.

Là-dessus, il s’étendit tout habillé sur son lit et s’endormit presque aussitôt.