Il repartit alors, suivi par ses chiens. Les bonnes bêtes semblaient tristes ; elles ne couraient et ne jouaient pas comme elles en avaient l’habitude. Les fidèles animaux subissaient aussi l’influence du lieu dans lequel ils se trouvaient.

Le souterrain avait du reste pris bientôt un aspect tout nouveau. Au sol sableux avaient succédé des amoncellements de quartiers de roches qui rendaient la marche très difficile. Marcel, depuis longtemps déjà, entendait par intervalles de sourds grondements ressemblant, à s’y méprendre, aux roulements continus d’un tonnerre lointain.

Ces bruits, d’abord très éloignés et à peine perceptibles augmentaient à chaque instant d’intensité et se changèrent bientôt en un effroyable grondement, dont le fracas dépassait de beaucoup l’éclat foudroyant de plusieurs batteries d’artillerie de gros calibre tirant ensemble à pleine volée.

Les traces de charbon marquées sur le mur continuaient à lui tracer la route, quand, tout à coup, il s’arrêta et poussa un cri d’admiration devant le spectacle grandiose et majestueux qui s’offrit soudain à ses regards.

Il avait débouché à l’improviste dans une salle immense, dont la voûte était si élevée qu’elle n’était pas visible. Au fond de cette salle toute constellée de stalactites, la lumière se reflétait dans les innombrables facettes de ces diamants féeriques et répétait toutes les nuances du prisme. D’une hauteur de sept à huit mètres tombait une nappe d’eau écumante, large de cinq mètres au moins et formant sur le sol une espèce de lac, d’où sortait en grondant un ruisseau large et profond, qui, quelques pas plus loin, se subdivisait en plusieurs autres cours d’eau.

D’où venait cette majestueuse chute, cette source inconnue ? Marcel l’ignorait ; il ne chercha même pas à le deviner, certain d’avance qu’il ne trouverait pas d’explication suffisante.

Il continua à suivre le cours d’eau principal jusqu’à une autre salle où il se subdivisait encore et suivait des directions sensiblement parallèles.

Plus il avançait, plus la voûte s’abaissait ; elle n’avait plus que trois mètres de hauteur à peine.

Les indices du passage de l’homme au burnous continuaient. Marcel plongea sa main dans le ruisseau. Cette eau, d’une transparence inouïe, était d’un froid glacial, qui le fit frissonner.

Il arriva à une salle basse, où le ruisseau, assez large, ne laissait, à droite et à gauche, qu’une étroite bande de terre.