Il ôta son bonnet, se tourna à demi du côté de l’horizon, où, derrière les hautes montagnes, se cachait la ferme des Alouettes, et cria à pleine voix :
— Vous tous que j’aime, à bientôt ! Au revoir !
Il siffla alors ses chiens et rentra résolûment dans la grotte.
Marcel avait remporté une grande victoire sur lui-même, et, comme il l’avait dit, il venait de prouver qu’il était bien véritablement un homme.
Il ne tâtonna pas, cette fois. Les points de repère étaient nombreux, et son chemin était tout tracé.
Au retour, le chemin lui parut plus court qu’à l’aller. Quand il fut au tiers du souterrain, il rencontra ses ours et ses loutres, qui, inquiets de sa longue absence, s’étaient mis à sa recherche. La vue de ces animaux si aimants, et dont la joie en le retrouvant fut si grande, lui causa une profonde émotion.
Il arriva à sa demeure vers huit heures du soir.
Il prépara son dîner, fit une tournée dans la basse-cour, l’écurie, la bergerie et les volières. Après s’être acquitté des devoirs pressants, s’être assuré que tout était en ordre et avoir renouvelé à chacun ses provisions de bouche, il se mit enfin à table.
Comme il avait grand appétit, il mangea bien, partageant son repas et causant, selon sa coutume, avec ses commensaux ordinaires ; puis, le dîner terminé, au lieu de prolonger sa veillée, ainsi qu’il le faisait chaque soir, il se mit aussitôt au lit et ne fit qu’un somme jusqu’au lendemain.
Jamais, depuis son arrivée sur la corniche, il n’avait si bien dormi.