— Tu me trouves bien changé, n’est-ce pas, Jacques ? dit-il avec un sourire morne.
— Bah ! s’écria le fermier, en essayant de sourire, ce n’est rien ! L’air de la ville ne te vaut rien, voilà tout ! Tu es un paysan comme moi, Michel ; après huit jours passés ici, il n’y paraîtra plus ; tu seras fort et gai comme une alouette.
— Oui, je le crois, ami Jacques, répondit-il en hochant la tête, malheureusement cela est impossible.
— Impossible, pourquoi ?
— Pour une foule de raisons, mon ami, que je te dirai et que tu comprendras.
— Ainsi, tu n’es venu que pour quelques heures ? dit le fermier avec désappointement.
— A mon grand regret, crois-le bien, mon ami ! Nous souperons ensemble, nous causerons, car c’est principalement pour causer avec toi que je suis venu, et demain, au point du jour, je repartirai.
— Si tôt que cela ?
— Hélas ! oui, mon ami. Tu le sais, les affaires n’attendent pas. Je dois être au Havre dans dix jours au plus tard et je n’ai devant moi que le temps strictement nécessaire.
— Au Havre ! s’écria le fermier avec surprise, quelles affaires peux-tu avoir là ?