— Oui ! Je viens exprès pour passer une quinzaine de jours avec toi.
— Bon ! je ne discute pas en ce moment ; plus tard, nous verrons à te retenir plus longtemps. Quelle bonne idée tu as eue d’amener Petiote ! Je suis tout heureux de revoir cette fidèle compagne de nos belles excursions.
— Notre vieil ami que tu vois, reprit Marcel en désignant l’homme au burnous, et grâce à qui je suis venu jusqu’ici, car mon ignorance absolue des chemins m’aurait rendu la course impossible, te dira que mon absence aux Alouettes ne peut se prolonger au delà de quinze jours ou trois semaines au plus. On a besoin de moi là-bas.
— En effet, dit le vieillard, Jacques Chrétien serait inquiet si son fils adoptif tardait trop à revenir.
— S’il en est ainsi, je n’insiste pas davantage. Ta chambre t’attend depuis longtemps, Marcel, reprit le régisseur. Je t’ai installé près de moi afin que nous puissions causer tout à notre aise, comme nous le faisions là-bas, à la ferme, tu sais ?
— Oh ! je n’ai rien oublié, je te remercie de cette attention. Et notre ami, où le mettras-tu ?
— Où il lui plaira ! D’ailleurs, ajouta le régisseur en souriant, il n’est pas embarrassé, tout le monde le connaît et l’aime ici.
— Ne vous inquiétez pas de moi, reprit l’homme au burnous, je ne puis rester. Je repartirai ce soir même après le souper pour les Alouettes. Je veux prévenir Jacques Chrétien qu’il n’attende pas Marcel avant un mois et lui raconter les épisodes de notre excursion.
— C’est cela ! dit joyeusement Pierre Morin. Sois tranquille, Marcel, ce mois ne sera pas perdu pour toi.
— Je le sais bien, dit Marcel ; d’après ce que j’ai vu, rien qu’en traversant les bâtiments d’exploitation, j’ai reconnu combien je suis encore ignorant.