A droite de la cheminée se trouvait une longue et forte table, très large, grossièrement taillée, et sur laquelle il y avait quatre moules à fromages dont trois étaient vides. Le quatrième, posé sur deux tringles de bois assez hautes, contenait un fromage en train d’égoutter, nouvelle preuve que la hutte était habitée.

Sous la table étaient rangées plusieurs seilles destinées à contenir du lait ; à côté se dressait une baratte en excellent état ; à côté étaient deux seaux, dont l’un était plein d’eau.

A gauche de la cheminée était placée une huche. Marcel, après avoir enlevé et posé à terre une grande boîte pleine de clous de toutes sortes et de toutes grandeurs, un marteau, des tenailles et d’autres outils posés là un peu à l’aventure, souleva le couvercle de la huche ; elle était pleine de farine. A côté, sur deux bûches servant de chantier, était posé un grand sac de froment.

— Eh ! eh ! dit Marcel, voilà un gaillard prévoyant, les vivres ne lui manquent pas. En parlant ainsi, il regardait la cheminée, sous laquelle pendaient un jambon et de gros quartiers de lard. Près du foyer étaient rangées une longue paire de pincettes et une pelle en fer. Tout près du sac de blé se trouvaient une grande chaudière, un chaudron, et contre la cheminée pendaient une poêle à frire et un gril en fer.

Au moment où Marcel achevait cet inventaire, les chèvres, toujours flanquées de leur bouc, entrèrent sans la moindre cérémonie dans la hutte.

— Bien ! Je vous comprends, chères petites, dit le jeune homme ; ne vous impatientez pas ; je suis à vous dans un instant.

Il alla prendre une seille, la rinça avec soin, puis il revint toujours riant.

Lorsqu’il eut achevé de traire les chèvres, il leur émietta un peu de pain dans sa main ; elles le mangèrent gentiment et firent leurs petites mines coquettes ; elles sortirent ensuite en gambadant et ne tardèrent pas à disparaître dans le bois.

— Là ! dit Marcel en approchant un escabeau de la table et s’asseyant, réfléchissons un peu, maintenant. L’homme qui habite cette demeure possède tout ce qui me manque ; en nous associant, et il ne me le refusera pas, nous doublerons nos forces. Notre délivrance ne deviendra plus qu’une question de jours, peut-être même d’heures… Mais il tarde bien à rentrer ! Où peut-il être ? Que fait-il ? Comment ne l’ai-je pas aperçu depuis l’orage, moi, qui ne suis pas resté un instant en place et ai rôdé de tous les côtés, à la recherche d’un introuvable passage ? Comment n’a-t-il pas aperçu la flamme ou la fumée des feux que j’ai allumés ?

En ce moment, son regard, errant autour de lui, se fixa par hasard sur la cheminée où une marmite pendait à la crémaillère.