— Comment ! s’écria-t-il avec un tressaillement nerveux, vous ne m’apportez pas de nouvelles ?

— Des nouvelles de qui ? demanda l’homme au burnous avec surprise.

— Des nouvelles de Marcel, donc !

— Comment, que voulez-vous dire ?… Où est Marcel ?

— Mais, je ne l’ai pas revu.

— Vous ne l’avez pas revu ! s’écria l’homme au burnous avec agitation : il y a trois jours qu’il devrait être ici ! Est-ce que moi-même je ne vous avais pas annoncé l’époque de son retour ?

— En effet ! mais sans doute il aura été retenu à Beaurevoir ; je vous le répète, il n’est pas encore de retour.

— Alors, il lui est arrivé malheur ! Il a quitté Beaurevoir le jour convenu, reprit l’homme au burnous d’une voix troublée, que l’émotion rendait sourde et rauque. Ce jour même, un ouragan terrible a éclaté dans la montagne vers quatre ou cinq heures du soir. Le malheureux enfant est perdu, ajouta-t-il avec un sombre désespoir.

— Que dites-vous ? s’écria le fermier. J’espère que cela n’est pas. Il faut nous mettre à sa recherche, et peut-être…

— Il est trop tard ! interrompit l’homme au burnous d’un accent navré ; trois jours déjà se sont écoulés depuis cette affreuse catastrophe. Il est mort !… Hélas, qui sait où gît son cadavre brisé ?