— Mort ou vif, nous le retrouverons, il le faut ! Avez-vous vu Jérôme, chez qui, m’avez-vous dit, vous vous êtes arrêtés avec Marcel en allant à Grenoble ?
— Non ? J’ai quitté ce matin Beaurevoir, où j’étais rentré le lendemain du départ du pauvre enfant… Je suis venu tout droit ici, poussé par je ne sais quel pressentiment qui me serrait le cœur comme dans un étau. Comment la pensée ne m’est-elle pas venue de m’arrêter chez Jérôme ?… Oh ! c’est trop de douleurs enfin !
— Marcel n’est pas mort, bien qu’il soit perdu pour nous, hélas ! dit une voix douce et tremblante.
Les deux hommes se retournèrent en tressaillant et reconnurent Jeannette.
— Qui vous fait supposer que Marcel n’est pas mort ? demanda anxieusement l’homme au burnous. Avez-vous donc quelques indices ?
— Je ne sais rien, interrompit la fermière avec tristesse ; pourtant je suis sûre de ce que je dis : Marcel vit encore.
Et elle ajouta en posant, par un geste charmant, sa main sur son cœur :
— Je le sens là ! Ne suis-je pas sa mère de lait ?
— Il faut partir, partir à l’instant même, s’écria soudain le fermier. Jérôme doit savoir quelque chose.
— C’est vrai, s’écria l’homme au burnous en se frappant le front. Je l’avais oublié ! Pierre Morin m’a dit avoir accompagné le pauvre enfant jusqu’à la maisonnette.