Le tlacateotzin[1]
Deux heures après le lever du soleil, l'Aigle-Volant était de retour au camp; l'Églantine l'accompagnait.
Le conseil fut immédiatement réuni, afin d'apprendre les nouvelles.
La jeune Indienne ne savait pas grand chose. Tout se résumait à ceci:
Les deux Mexicaines étaient encore dans la ville. Addick était absent, mais on l'attendait d'un moment à l'autre.
Ces nouvelles, si brèves qu'elles fussent, étaient bonnes cependant; car, bien que les détails manquassent, les chasseurs savaient que leurs ennemis n'avaient pas encore eu le temps d'agir. Il s'agissait donc de les devancer et d'enlever les jeunes filles avant qu'ils n'eussent les moyens de s'y opposer.
Mais, pour enlever les jeunes filles, il fallait s'introduire dans la ville, et là gisait la difficulté.
Difficulté qui, au premier abord, semblait insurmontable.
Dans ce moment de détresse, tous les yeux se tournèrent vers l'Aigle-Volant. Le chef souriait.
A l'expression d'angoisse peinte sur toutes les physionomies, l'Indien devina ce qu'on attendait de lui.