La quatrième renferme les métiers à tisser les zarapés que les Indiens confectionnent avec un talent inimitable; ces métiers faits en bambous sont d'une simplicité de mécanisme admirable.

La cinquième contient les provisions de toutes espèces pour la saison des pluies, époque où la chasse est impossible.

Et, enfin, la sixième est réservée aux esclaves.

Quant à la cuisine, en réalité, elle n'existe pas; c'est dans le corral, c'est-à-dire en plein air, que se préparent les aliments.

Les cheminées y sont également inconnues; chaque pièce est chauffée au moyen d'un large brasero en terre.

Les soins intérieurs du calli sont confiés aux esclaves qui travaillent sous la surveillance immédiate de la maîtresse du logis.

Ces esclaves ne sont pas tous des sauvages; les Indiens rendent complètement aux blancs les maux qu'ils en reçoivent; beaucoup de malheureux Espagnols pris à la guerre, où tombés dans les embuscades que leur tendent sans cesse les peaux-rouges, sont condamnés à la servitude la plus dure.

Le sort de ces malheureux est encore plus triste que celui de leurs compagnons d'esclavage, car ils n'ont pas la perspective d'être un jour rendus à la liberté: ils doivent, au contraire, s'attendre à périr tôt ou tard victimes de la haine de leurs maîtres cruels, qui se vengent impitoyablement sur eux des vexations sans nombre qu'ils ont souffertes sous le tyrannique et abrutissant système du gouvernement espagnol.

Aussi, est-ce réellement sous le coup de cette dure captivité que l'homme peut s'appliquer les mots désespérants écrits par le divin Dante Alighieri sur les portes de son Enfer: Lasciate ogni speranza.

Atoyac, chez lequel le hasard avait si providentiellement conduit le Canadien, était un des sachems les plus respectés des guerriers de Quiepaa-Tani. Dans sa jeunesse, il avait longtemps habité parmi les Européens, et la grande expérience qu'il avait acquise, en parcourant les contrées éloignées de sa tribu, avait ouvert son intelligence, éteint en lui certains préjugés de caste, et le rendait plus sociable et plus policé que la plupart de ses compatriotes.