—Je suis venu pour parler à M. de Clairfontaine; voulez-vous, oui ou non, me conduire auprès de lui? reprit-il d'un ton bourru.
—Il est ici, mais il ne peut vous recevoir en ce moment.
—Patience donc, murmura le Mexicain avec résignation. Il tordit une cigarette, l'alluma, et comme son parti était pris, il parut ne plus conserver la moindre inquiétude sur ce que sa position avait de dangereux pour lui.
Une demi-heure s'écoula; Matadiez continuait à fumer, impassible comme un dieu indien.
—Venez, lui dit un soldat.
Il se leva, jeta sa cigarette et suivit son guide; celui-ci ouvrit une porte et s'effaça pour le laisser passer devant lui.
Matadiez entra, il jeta un regard autour de lui et reconnut qu'il se trouvait dans une salle assez vaste dont le centre était occupé par une table recouverte d'un drap vert, sur laquelle du papier, des plumes, des plans et des cartes étaient jetés pêle-mêle dans un désordre apparent. Huit ou dix officiers assis autour de cette table discutaient entre eux tout en consultant les plans.
A l'entrée du Mexicain:
—Est-ce là l'homme, demanda un officier âgé d'une cinquantaine d'années, aux traits fins et à la physionomie ouverte et bienveillante, qui paraissait avoir un grade supérieur.
—Oui, général, répondit le soldat qui avait servi d'introducteur à Matadiez.