Le général Taylor fronça le sourcil.
—Que savez-vous des mouvements de votre armée? reprit-il.
—Je ne suis pas un espion, mais un caballero, répondit-il avec hauteur, je n'ai aucun renseignement à vous donner.
—Drôle! s'écria un officier avec un geste de menace.
—Arrêtez! dit vivement le général, cet homme a raison; il est fidèle à sa cause comme nous le sommes à la nôtre; et il reprit en s'adressant au Mexicain: Comment vous êtes-vous présenté aux avant-postes de mon armée?
—J'étais porteur d'un sauf-conduit signé par M. de Clairfontaine, l'un de vos officiers supérieurs; demandez-lui si je dis vrai.
—En effet, cet homme est porteur d'un sauf-conduit signé par moi; nous avons une affaire particulière à régler ensemble, fit M. de Clairfontaine. Vous savez, général, que j'ai à plusieurs reprises habité le Mexique.
—Je ne veux ni ne dois m'immiscer dans vos affaires, Monsieur, répondit poliment le général, il suffit que vous répondiez de cet homme pendant le temps qu'il demeurera dans le camp.
—J'en réponds, général, d'autant plus que je ne le perdrai pas de vue un instant; maintenant, puisque le conseil est terminé, je vous prie de me permettre de me retirer.
—Allez, Monsieur, vous êtes libre, répondit le général. Il se tourna vers le Mexicain et lui tendit sa bourse: Tenez, mon ami, lui dit-il, vous boirez à ma santé.