—Que me voulez-vous, Santiago Ramírez? lui demanda le vieillard.

—Mi amo, j'aperçois une nombreuse troupe de cavaliers qui se dirige de ce côté: je viens prendre vos ordres.

—Hum! fit le vieillard en levant la tête, en effet je ne les avais pas vus. Que croyez-vous que sont ces hommes?

—Des rancheros, seigneurie; cela est facile à reconnaître.

—Mauvaise rencontre, n'est-ce pas?

—Je ne saurais vous répondre là-dessus avec certitude, seigneurie; les rancheros sont des corps francs levés par de riches hacenderos dans le but de servir de guerilleros pendant la guerre actuelle; quelques-uns sont honnêtes.

—Voilà qui n'est pas rassurant, mon pauvre Ramírez.

—Quels sont les ordres de votre seigneurie, mi amo?

Le vieillard jeta sur sa petite troupe un regard piteux qu'il reporta sur les cavaliers qui accouraient à toute bride.

—Il nous est impossible d'éviter leur rencontre, dit-il, nous ne sommes plus qu'à une courte distance du pueblo, continuons donc à avancer, et à la grâce de Dieu!