La liberté de l’Assemblée reste donc entière: c’est pourquoi j’insiste pour demander au Sénat de voter l’urgence et d’adopter le texte adopté par la Chambre des députés, qui s’applique à la première donation du maître Rodin et qui comporte les crédits afférents à cette donation.
M. Murat, président de la Commission.—La Commission est d’accord avec le Gouvernement.
M. de Lamarzelle.—Je n’insiste pas, mais j’ai du moins obtenu qu’on ne vote pas sur des textes que nous ne connaissons pas.
M le président.—Je consulte le Sénat sur l’urgence qui est demandée par la Commission d’accord avec le Gouvernement.
Il n’y a pas d’opposition?...
L’urgence est déclarée.
La parole dans la discussion générale est à M. Gaudin de Villaine.
M. Gaudin de Villaine.—Messieurs, je dois tout d’abord mes excuses à notre aimable rapporteur: malgré mon meilleur vouloir, je l’avoue humblement, je n’ai pu méditer à loisir, dans son entier, son volumineux et très copieux rapport.
La faute en est certainement à moi, car j’ai dû conserver des traditions littéraires surannées, et le verbe de notre talentueux collègue ne rappelle que de fort loin celui de Rabelais, de Corneille ou de Voltaire, ou même celui de Chateaubriand et de Victor Hugo. C’est quelque chose de très personnel, de très particulier, de puissant même et de très original, enfin c’est du bon Lintilhac, du Lintilhac de derrière les fagots. (Rires et mouvements divers.) En un mot, ce n’est peut-être pas le «français» d’hier, ni d’aujourd’hui, mais c’est certainement celui de demain ou d’après-demain! Et l’Académie française d’après-guerre n’a qu’à se bien tenir. (Nouveaux rires.)
M. le rapporteur.—J’espère que vous me prouverez ce que vous dites.