M. Herriot.—C’est trop indigent!

M. de Lamarzelle.—Si nous sommes du même avis, j’épargne cette lecture au Sénat. Je n’ai rien exagéré en employant ce néologisme «Rodinolâtrie»: lorsque ses partisans vous parlent des œuvres de Rodin ils vous disent que ce n’est pas seulement de l’admiration qu’on doit avoir pour elles, mais de la dévotion. Et je lis dans le rapport de la Chambre:

«Ses marbres échouant chez d’opulents barbares des deux mondes...» Monsieur Lintilhac, on est bien dur pour ces Américains dont vous parliez tout à l’heure, qui se disputent à prix d’or les œuvres de Rodin, où ils ne seraient pas entourés de la dévotion qu’ils méritent.»

M. le rapporteur.—Je n’ai pas à défendre le rapport de la Chambre, mettez-moi hors de cause.

M. de Lamarzelle.—Je cite le rapport de la Chambre.

M. le rapporteur.—Il est très bien, mais ce n’est pas le mien.

M. de Lamarzelle.—Tous les mots du culte se retrouvent sur les lèvres des adorateurs de M. Rodin; M. Dalimier, l’honorable sous-secrétaire d’État que je vois à son banc, lorsqu’il va à Meudon, ne parlera pas d’un «voyage», mais d’un «pèlerinage».

M. le rapporteur.—On le dit pour Bayreuth, on le dit pour la maison de Victor Hugo, pour la maison de Gœthe.

M. de Lamarzelle.—Nous ne sommes donc pas complètement laïcisés, contrairement à ce que vous disiez tout à l’heure.

M. le rapporteur.—C’est que les adorateurs du beau peuvent avoir un culte de latrie pour les créateurs du beau.