«Mais ce blème troupeau que ronge l’envie et que la jalousie dévore, n’est là que par surcroît.»

Dans un autre article, on appelle tous ces éminents artistes des zéros néant; et l’on dit:

«Sous le nom imagé de «M. Zéronéant», j’ai tracé, l’autre jour, le portrait idéal de ces bonzes, confits dans leur médiocrité et reluisants de jalousie, que nous voyons se liguer contre Rodin dont la gloire lumineuse et l’éclatant génie les aveuglent.»

Enfin, le même journal nous transporte chez les jeunes, et voici comment on y traite ces artistes dont les noms sont honorés et appréciés du public, comme vous savez.

Le Rembrandt du nouvel art—ce ne doit pas être le premier venu—s’insurge et tempête «contre la bêtise bornée, l’incompréhension volontaire—ce qui est le dernier mot de l’injure—des curés de l’art officiel». Tous ces gens crient très haut leur mépris, leur colère contre la campagne abjecte menée par les mercantis de l’Institut—vous voyez qu’on ne distingue pas—par les pompiers du Grand-Palais contre l’art français en la personne de son génie le plus intense.

«Alors que les agrandissements photographiques de M. Bonnat, les chromos de M. Luc-Olivier Merson, dit-on encore, seront relégués depuis longtemps dans les combles municipaux, les divagations des modernes et ultra-modernes resteront comme les tablettes où s’inscrit l’histoire de la prime jeunesse d’un siècle.

«Impressionnistes, cubistes et futuristes composent l’extrême-gauche de l’art, en face des eunuques de l’Institut, ils sont jeunes, débordants de vie et du désir de vivre cette vie selon leurs conceptions artistiques.»

Et enfin, quelle est la sanction? Elle est bien simple:

«Il faut qu’à l’avenir des titres pareils ne puissent plus donner à des êtres manifestement nuls le droit de parler et d’agir comme s’ils étaient des hommes.

«C’est pourquoi, à tous les artistes qui ont eu à souffrir du contact de ces Pharisiens de l’art, je propose une campagne pour la suppression de l’Institut, et en particulier de l’Académie des Beaux-Arts, et le retour à la nation des dons et legs dont ils ont bénéficié jusqu’à ce jour. Prenons date.»