M. le rapporteur.—C’est la jeunesse!
M. De Lamarzelle.—On voit donc, par ce que je viens de dire, par l’opposition que j’ai faite entre les partisans passionnés de Rodin et les adversaires passionnés de ce grand sculpteur, que l’honorable M. Jules-Louis Breton, qui porte un nom célèbre dans l’art français, n’a rien exagéré quand il a dit:
«Les manifestations artistiques de M. Rodin, tapageuses et excessives, ont eu la plus déplorable influence sur l’orientation artistique de ces dernières années.
«Malheureusement pour l’art français, il était populaire à l’étranger.
«Je considère, par suite, qu’il y aurait danger, au point de vue des belles traditions artistiques de notre pays, à voter le projet.»
Donc, messieurs, comme vous le voyez, il est absolument faux de dire ce que vous n’avez pas dit, mais ce qu’a dit l’honorable M. Simyan, avant, d’ailleurs, que la protestation se fût élevée, à savoir que Rodin, à l’heure actuelle, n’est plus contesté. Ici, je conviens qu’il faut s’entendre: il faut éviter une équivoque qu’on est toujours prêt à faire. Ce n’est pas le talent de M. Rodin qui est contesté. Je serais tout prêt, pour mon compte, à traiter de béotien celui qui contesterait le talent de Rodin.
M. le rapporteur.—Eh bien, nous voilà d’accord!
M. De Lamarzelle.—Vous allez voir que non! Ce n’est pas là la question...
M. le rapporteur.—Pour la Commission, c’est toute la question?
M. De Lamarzelle.—Ce qui est en question, c’est l’usage que M. Rodin a fait de son talent en le mettant au service d’une conception d’art qui est contestée et qui n’a pas eu la consécration du temps. Il n’y a pas d’autre point en discussion. Ce n’est pas parce que Rodin a du talent que se fait ce concert d’éloges autour de lui; il se fait autour de la conception d’art au service de laquelle Rodin a mis son réel et incontestable talent. C’est là toute la question.