Vous avez dit: «Cette opposition ne se ferait pas à ce projet si l’on n’avait pas installé les œuvres de M. Rodin dans un ancien couvent.
M. le rapporteur.—C’est vrai. Du moins elle ne se ferait pas ici.
M. de Lamarzelle.—C’est un peu étrange en vérité d’entendre de telles paroles quand c’est M. Jules-Louis Breton, député radical-socialiste, qui a mené toute la campagne à la Chambre. Et, certes, cet honorable député radical-socialiste ne peut pas être accusé de cléricalisme, ni d’amour profond pour les religieux expulsés.
Quant à moi, vous avez lu ici un article que je suis loin de renier—je n’ai jamais caché ma façon de penser—je n’aurais pas voulu faire entrer cette question dans le débat, parce qu’elle est de celles qui ne doivent pas être traitées en ce moment.
M. le rapporteur.—M. de Gailhard-Bancel n’a pas hésité à mettre, dans le débat, la question des dames du Sacré-Cœur.
M. Fabien Cesbron.—Ces scrupules n’ont rien que d’honorable.
M. le rapporteur.—Je rends hommage à votre loyauté.
M. de Lamarzelle.—Si je soulève ce débat, c’est que vous m’y avez convié et je vous réponds. Involontairement, je me suis tout particulièrement souvenu de ces femmes admirables qui sont restées là pendant tant d’années, y ont élevé des jeunes filles des meilleures familles françaises et étrangères et qui ont été expulsées, alors que pas un seul fait ne pouvait être relevé contre ces Françaises.
M. Gaudin de Villaine.—Et qui ont été remplacées par quoi!
M. de Lamarzelle.—Mais puisque vous m’en offrez l’occasion, je suis heureux de la saisir une fois de plus pour protester. Je me suis souvenu de ces femmes qui ont été privées des moyens d’accomplir leur mission et qu’on a ainsi forcées à s’en aller dans la terre d’exil pour y trouver celles qui, exilées aussi d’Alsace-Lorraine, de cette vieille terre d’Alsace-Lorraine qui va redevenir française, avaient été expulsées par nos ennemis—c’est mon ami M. de Gailhard-Bancel qui l’a dit à la tribune et je suis heureux de le répéter ici—en vertu d’un décret prussien disant qu’elles ne pouvaient être tolérées sur une terre d’Allemagne à cause de leur trop grand amour pour la France.