Quel aplomb! Quel entêtement! Quelle improbité! Des outrages à des chefs-d'oeuvre, des révérences faites à des platitudes—et les âneries de ceux qui passent pour savants et la bêtise des autres que l'on proclame spirituels!

C'est peut-être au Public qu'il faut s'en rapporter?

Mais des oeuvres applaudies parfois leur déplaisaient, et dans les sifflées quelque chose leur agréait.

Ainsi, l'opinion des gens de goût est trompeuse et le jugement de la foule inconcevable.

Bouvard posa le dilemme à Barberou. Pécuchet, de son côté, écrivit à
Dumouchel.

L'ancien commis-voyageur s'étonna du ramollissement causé par la province, son vieux Bouvard tournait à la bedolle, bref n'y était plus du tout.

Le théâtre est un objet de consommation comme un autre. Cela rentre dans l'article-Paris. On va au spectacle pour se divertir. Ce qui est bien, c'est ce qui amuse.

—Mais imbécile s'écria Pécuchet ce qui t'amuse n'est pas ce qui m'amuse—et les autres et toi-même s'en fatigueront plus tard. Si les pièces sont absolument écrites pour être jouées, comment se fait-il que les meilleures soient toujours lues? Et il attendit la réponse de Dumouchel.

Suivant le professeur, le sort immédiat d'une pièce ne prouvait rien. Le Misanthrope et Athalie tombèrent. Zaïre n'est plus comprise. Qui parle aujourd'hui de Ducange et de Picard?—Et il rappelait tous les grands succès contemporains, depuis Fanchon la Vielleuse jusqu'à Gaspardo le Pêcheur, déplorait la décadence de notre scène. Elle a pour cause le mépris de la Littérature—ou plutôt du style.

Alors, ils se demandèrent en quoi consiste précisément le style?—et grâce à des auteurs indiqués par Dumouchel, ils apprirent le secret de tous ses genres.