—Vous fichez-vous de nous? s’écria le placeur d’alcools. Qu’est-ce qui m’a donné un calotin pareil!»

Cette interruption causa un grand scandale. Presque tous montèrent sur les bancs, et, le poing tendu, vociféraient: «Athée! aristocrate! canaille!» pendant que la sonnette du président tintait sans discontinuer et que les cris: «A l’ordre! à l’ordre!» redoublaient. Mais, intrépide, et soutenu d’ailleurs par «trois cafés» pris avant de venir, il se débattait au milieu des autres.

«Comment, moi! un aristocrate? allons donc!»

Admis enfin à s’expliquer, il déclara qu’on ne serait jamais tranquille avec les prêtres, et, puisqu’on avait parlé tout à l’heure d’économies, c’en serait une fameuse que de supprimer les églises, les saints ciboires, et finalement tous les cultes.

Quelqu’un lui objecta qu’il allait trop loin.

«Oui! je vais loin! Mais, quand un vaisseau est surpris par la tempête...»

Sans attendre la fin de la comparaison, un autre lui répondit:

«D’accord! mais c’est démolir d’un seul coup, comme un maçon sans discernement...

—Vous insultez les maçons!» hurla un citoyen couvert de plâtre. Et, s’obstinant à croire qu’on l’avait provoqué, il vomit des injures, voulait se battre, se cramponnait à son banc. Trois hommes ne furent pas de trop pour le mettre dehors.

Cependant l’ouvrier se tenait toujours à la tribune. Les deux secrétaires l’avertirent d’en descendre. Il protesta contre le passe-droit qu’on lui faisait.