«D’ailleurs, j’ai eu besoin de mes fonds.

—Pour acheter une voiture?» reprit Mme Dambreuse, qui passait près de lui une tasse de thé à la main; et elle le considéra pendant une minute, la tête un peu tournée sur son épaule.

Elle le croyait l’amant de Rosanette; l’allusion était claire. Il sembla même à Frédéric que toutes les dames le regardaient de loin en chuchotant. Pour mieux voir ce qu’elles pensaient, il se rapprocha d’elles encore une fois.

De l’autre côté de la table, Martinon, auprès de Mlle Cécile, feuilletait un album. C’étaient des lithographies représentant des costumes espagnols. Il lisait tout haut les légendes: «Femme de Séville,—Jardinier de Valence,—Picador andalous»; et, descendant une fois jusqu’au bas de la page, il continua d’une haleine:

«Jacques Arnoux, éditeur.—Un de tes amis, hein?

—C’est vrai, dit Frédéric, blessé par son air. Mme Dambreuse reprit:

—En effet, vous êtes venu, un matin... pour... une maison, je crois? oui, une maison appartenant à sa femme. (Cela signifiait: C’est votre maîtresse.)

Il rougit jusqu’aux oreilles, et M. Dambreuse, qui arrivait au même moment, ajouta:

—Vous paraissiez même vous intéresser beaucoup à eux.»

Ces derniers mots achevèrent de décontenancer Frédéric. Son trouble, que l’on voyait, pensait-il, allait confirmer les soupçons, quand M. Dambreuse lui dit de plus près d’un ton grave: