C’était un bahut de la Renaissance, avec une torsade en bas, des pampres dans les coins, et des colonnettes divisaient sa devanture en cinq compartiments. On voyait au milieu Vénus Anadyomène debout sur une coquille, puis Hercule et Omphale, Samson et Dalila, Circé et ses pourceaux, les filles de Loth enivrant leur père; tout cela délabré, rongé de mites, et même le panneau de droite manquait. Gorju prit une chandelle pour mieux faire voir à Pécuchet celui de gauche, qui présentait, sous l’arbre du Paradis, Adam et Ève dans une posture fort indécente.

Bouvard également admira le bahut.

«Si vous y tenez, on vous le céderait à bon compte.»

Ils hésitaient, vu les réparations.

Gorju pouvait les faire, étant de son métier ébéniste.

«Allons! venez!»

Et il entraîna Pécuchet vers la masure, où Mme Castillon, la maîtresse, étendait du linge.

Mélie, quand elle eut lavé ses mains, prit sur le bord de la fenêtre son métier à dentelles, s’assit en pleine lumière et travailla.

Le linteau de la porte l’encadrait. Les fuseaux se débrouillaient sous ses doigts avec un claquement de castagnettes. Son profil restait penché.

Bouvard la questionna sur ses parents, sur son pays, les gages qu’on lui donnait.