PAUL.
Et tu ne t’en vantes pas, toi!... Tu faisais le bien naïvement, dans la candeur de ton âme. (Il lui prend les mains.) Mais comme ta poitrine bat vite! Tu as de beaux yeux, ma Jeannette! (A part.) Je ne l’avais pas seulement regardée, sot que j’étais! Et ces pauvres petites mains, sais-tu qu’enfermées dans des gants de peau fine, plus d’une belle dame les envierait!
JEANNETTE.
Vous êtes bien bon, monsieur.
PAUL, s’écartant d’elle.—A part.
Il faut pourtant que je trouve quelque chose à lui donner. (La contemplant de loin.) Mais elle est charmante!... Il y a sous ces vêtements simples une distinction, je ne sais quoi de pur, de fin... que je n’ai jamais vu!... Et cette douceur des attitudes, ce rayonnement dans le regard! Serait-ce! Pourquoi pas?... Jeannette?
JEANNETTE.
Monsieur?
PAUL.
Tu dois être lasse de ta condition? N’arrive-t-il jamais dans ton esprit des pensées qui te surprennent? Ne sens-tu pas au fond de toi-même comme une sollicitation vers des destinées plus hautes? une envie de t’enfuir... quelque part... bien loin?