Des Egyptiens prédynastiques, beaucoup d’armes nous sont également parvenues, armes de plusieurs catégories qui peuvent être employées indifféremment pour la chasse et pour la guerre. Parmi celles qu’on a coutume d’appeler armes de choc, il faut citer en première ligne celles qui n’ont pu se conserver, vu la matière dont elles sont faites, mais qui ont laissé un souvenir persistant jusqu’aux plus basses époques, les armes de bois, d’abord le long bâton, renflé dans le bas et pouvant servir de massue, puis le vrai casse-tête court et pesant; aux époques historiques ce sont encore ces armes traditionnelles mais hors d’usage, qu’on donne volontiers aux morts dans leurs tombeaux. A côté de ces bâtons on trouve les massues dont la tête de pierre dure, conique ou ovoïde, s’emmanchait sur un bâton court, et enfin les haches, dont nous avons de nombreuses séries, de forme plate, longue, épaisse ou mince, à un seul tranchant, l’autre extrémité étant destinée à se fixer dans une emmanchure de bois dont nous ne connaissons plus la forme. Quant aux haches polies et à celles qui, munies d’un étranglement servant à faciliter l’emmanchure, semblent plutôt une copie des haches de bronze, elles appartiennent probablement à l’époque suivante.
Comme arme de main, nous avons le poignard long et mince, très finement retaillé, qui est parfois une pièce de toute beauté, et enfin comme armes de jet, les innombrables pointes qui, suivant leurs dimensions, appartenaient à des flèches ou à des javelines. Travaillées avec grand soin, ces pointes sont le plus souvent encore remarquablement aiguës et présentent toutes les formes usuelles, pointes à ailerons, à encoches au pédoncule, lancéolées, triangulaires, en croissant; un type cependant qui est particulier à l’Egypte et qui se perpétue assez tard est celui de la flèche à tranchant, destinée à faire une blessure plus large que profonde; ce modèle est aussi employé pour des javelots. Certaines pointes de plus grandes dimensions peuvent avoir appartenu à des lances (v. p. [62–65]).
Les indigènes avaient certainement encore, comme leurs successeurs, d’autres moyens de se procurer du gibier, les pièges, les lacets, les filets et peut-être le lasso, instruments qui naturellement n’ont pas laissé de traces. En ce qui concerne la pêche, nous n’avons pas non plus les filets, les nasses et les lignes qui devaient être déjà en usage à cette époque, mais certains silex en forme de croissant peuvent avoir servi d’hameçons pour les gros poissons, qu’on attaquait également avec des harpons en os munis d’une pointe barbelée. Les poissons sont extrêmement nombreux dans le Nil et devaient pulluler dans les marais avoisinants; ils formaient sans doute la base même de la nourriture des premiers Egyptiens, qui mangeaient aussi certains mollusques fluviatiles tels que les unios et les anodontes.
Quant au gibier, nous avons vu qu’il y avait en Egypte non seulement les espèces qui y sont aujourd’hui, mais encore celles de l’Afrique tropicale; ainsi l’homme pouvait chasser l’antilope, le bœuf sauvage et la girafe aussi bien que la gazelle et le bouquetin, l’autruche comme l’oie, le canard et la perdrix, mais ses armes primitives devaient lui être de bien peu de secours vis-à-vis de l’éléphant, du rhinocéros, de l’hippopotame et du crocodile, ou contre le lion et la panthère qui infestaient encore la contrée.
Elevage.
Agriculture