Les animaux sauvages pris vivants à la chasse, conservés d’abord comme en-cas pour le moment où le gibier viendrait à manquer, furent vite domestiqués; l’homme reconnut très tôt les services que ces bêtes pouvaient lui rendre, et non seulement il les nourrit, mais encore les dressa et les utilisa, recueillit leurs œufs ou leur lait. Nous avons dans les kjoekkenmoeddings de la Haute Egypte des traces non équivoques d’élevage, les animaux domestiqués vivant côte à côte avec l’homme dans ces villages primitifs. Comme quadrupèdes, il devait y avoir le bœuf, l’antilope, la gazelle, la chèvre, sans doute l’âne; comme volatiles, l’oie, le canard, la grue, le pigeon, et bien d’autres variétés sans doute.
L’agriculture est partout moins ancienne que l’élevage, et pour l’Egypte nous ne pouvons savoir à quelle époque on commença à travailler le sol, si ce fut à la fin seulement de la période prédynastique ou longtemps avant: les grains trouvés dans les kjoekkenmoeddings ne sont pas datés de façon exacte, et ceux des tombeaux sont difficilement identifiables. Quant aux outils, le sol fertile de l’Egypte, détrempé et ameubli par l’inondation, n’en nécessite pas de très puissants, aussi les houes et les charrues de bois furent-elles en usage pendant toute la période pharaonique; on n’en retrouve naturellement pas trace aux âges plus anciens, mais par contre certains silex plats, sortes d’herminettes de grande dimension, montrent des traces d’usure ne pouvant provenir que du travail de la terre, et ne sont sans doute pas autre chose que des houes. Enfin on retrouve de petits silex plats, dentelés et semblant être des fragments de scies qui, s’emmanchant les uns à côté des autres sur un bois recourbé, formaient des faucilles; cet outil, en usage encore au Moyen Empire, est sans doute d’origine préhistorique, mais nous ne pouvons dire avec certitude si certains des éléments retrouvés datent vraiment de l’époque dont nous nous occupons en ce moment. Il faut encore citer les moulins, pierres plates à surface incurvée où l’on écrasait le grain.
Navigation
Le moyen de communication qui est de beaucoup le plus pratique dans une vallée longue et étroite comme l’Egypte est sans contredit la voie fluviale, et jusqu’à nos jours c’est le Nil seul qui a été utilisé à cet effet, sauf pour de très courts trajets. Pour les populations primitives surtout, ce mode de locomotion devait avoir de très grands avantages, puisqu’il leur permettait de se transporter d’un point à un autre sans avoir à courir les multiples dangers qui les menaçaient dans un pays encore à moitié sauvage, infesté d’animaux contre lesquels ils n’avaient que des moyens de défense insuffisants. Les premiers bateaux furent très simples: on cueillait des roseaux ou des papyrus qu’on réunissait en bottes et qu’on liait ensemble de manière à former un esquif à fond arrondi, aux extrémités relevées en pointe, et qui, rendu imperméable au moyen d’un enduit quelconque, formait une nacelle légère, insubmersible, résistante et élastique. Ce modèle continua à être employé aux époques historiques, surtout pour la chasse dans les marais.
A côté de cela, les gens du pays possédaient des bateaux de beaucoup plus grandes dimensions, peu profonds et relevés aux deux extrémités, munis de rames et même de voiles carrées.
Commerce extérieur