Le roi est un Horus, donc non seulement un monarque de droit divin ou un représentant du dieu sur la terre, mais un roi-dieu, planant en quelque sorte au-dessus de l’humanité. Tout lui appartient ici-bas, tout gravite autour de lui. Détenteur du pouvoir spirituel aussi bien que du pouvoir temporel, il organise le culte des dieux, ses pères et ses frères, il commence à leur faire construire de vrais temples au lieu des petits édicules en bois entourés d’une enceinte ou des huttes en branchages qui sont encore presque partout les sanctuaires des diverses divinités. Quant à lui-même, il habite des palais dont le cadre qui entoure son nom nous a conservé une image sommaire et, après sa mort, il repose dans un tombeau somptueux, entouré d’un monceau de provisions pour l’éternité. Les membres de sa famille paraissent à peine à côté de lui.


Tribus

La présence, à côté du roi, dans les grandes cérémonies, des enseignes symboliques du faucon, du chacal, de l’ibis, semble indiquer que les anciennes tribus subsistent toujours, non plus indépendantes, mais devenues vassales de la couronne. Cependant ces emblèmes pourraient aussi être de nature purement religieuse et s’appliquer à des divinités plutôt qu’à des groupements de la population.


Fonctionnaires

Autour du roi se trouvaient une quantité de fonctionnaires, depuis ceux qui étaient attachés à la personne même du souverain, le porte-sandales et le porte-éventail, jusqu’aux chefs artisans qui semblent avoir eu une position privilégiée. Puis venaient tous ceux qui étaient préposés aux domaines royaux, qui surveillaient l’emmagasinage des récoltes et dont les sceaux étaient apposés sur les bouchons des jarres à provisions. Tous ces personnages forment l’entourage immédiat du roi et se font enterrer à côté de lui, parfois même dans les dépendances de la sépulture royale. Comme leur souverain, ils perpétuent le souvenir de leur tombeau par une stèle placée au-dessus, en évidence, stèle où leur nom seul est sommairement gravé sur une pierre à peine dégrossie.


Peuple

C’est dans les centres, et particulièrement autour du roi, que nous pouvons suivre le développement de cette civilisation nouvelle: jusqu’à quel point put-elle pénétrer dans la masse même de la population, chez les habitants des campagnes? Les tombeaux de ceux-ci, disséminés le long des coteaux de sable qui bordent la vallée, comme ceux de leurs prédécesseurs, nous montrent à quoi nous en tenir à ce sujet et, somme toute, nous voyons qu’à part quelques modifications de détails, la situation du peuple n’a guère changé. Si les habitants du pays revêtent maintenant leurs tombeaux de briques, ils les creusent toujours aux mêmes endroits et leur donnent à peu près les mêmes dimensions qu’auparavant. Le mobilier funéraire est le même, à peine un peu modernisé quant à la forme des vases; les outils et les armes ne sont pas modifiés et ce n’est encore que rarement qu’on voit paraître des objets de cuivre à côté des silex taillés toujours en usage.