Dès l’Ancien Empire, l’Egyptien est certainement monogame; à peine trouve-t-on un ou deux grands personnages ayant à côté de leur femme légitime une concubine, dont les enfants ont du reste à peu près les mêmes droits que leurs frères. Seul le roi a en général plusieurs femmes dont l’une, «la grande épouse royale» a le pas sur les autres, étant sans doute de plus haute naissance, parfois même de race royale. Pour conserver aussi pur que possible le sang divin qui coule dans ses veines, le roi doit de préférence prendre une femme du même sang que lui, donc une proche parente. Sous le Nouvel Empire nous voyons le plus souvent le pharaon épouser sa sœur, parfois même sa fille; il en était sans doute de même pour les rois memphites. Ces unions qui nous paraissent monstrueuses n’avaient rien que de très naturel pour les Egyptiens, pour qui la pureté de la race avait une importance capitale.
Vêtement
Vu le climat de l’Egypte, les habitants de ce pays n’ont jamais éprouvé le besoin de s’habiller chaudement; le costume en usage sous l’Ancien Empire est particulièrement sommaire. Les hommes portent tous le pagne, plus ou moins grand suivant leur condition: pour les gens de bas étage, les mariniers par exemple, il se réduit à une ceinture garnie par devant de quelques petites lanières formant tablier, pour d’autres ouvriers c’est un morceau d’étoffe passant entre les jambes et fixé également à une ceinture. Le modèle ordinaire est composé d’une longue pièce de toile blanche enroulée étroitement autour de la partie moyenne du corps, soutenue par une ceinture et descendant presque jusqu’aux genoux. Chez les grands personnages ce vêtement prend plus d’importance: il n’est pas plus long, mais beaucoup plus ample, et la partie de devant, gaufrée à petits plis et empesée, forme une sorte de grand tablier triangulaire. En outre, les notables ont le plus souvent aux pieds des sandales, simples semelles plates, et autour du cou un large collier descendant sur la poitrine et composé généralement de perles en verroterie, parfois aussi de perles d’or. La tête est entièrement rasée, cheveux, barbe et moustaches, et, pour sortir, les grands personnages se coiffent d’une perruque plus ou moins volumineuse suivant la mode du jour, tandis que chez les gens du peuple cette perruque paraît n’être plus qu’une simple calotte feutrée, épousant les formes du crâne. Souvent une petite barbe postiche se fixe sous le menton des notables. Jamais on ne voit de manteau sur les épaules des particuliers; seul le roi, dans certaines cérémonies, porte un vêtement de forme particulière, très ample, sans manches, descendant du cou jusqu’aux genoux.
Les femmes sont vêtues d’une robe absolument collante descendant de la naissance des seins jusqu’au bas des mollets; des bretelles la retiennent aux épaules. La gorge est couverte d’un large collier, et des anneaux de différentes formes ornent les bras et les chevilles. La chevelure, très abondante, retombe sur les épaules en une multitude de petites tresses; parfois un riche bandeau enserre cette coiffure au-dessus du front.
La toilette était chose importante pour les Egyptiens; ils se lavaient soigneusement, se faisaient oindre le corps d’huiles et de parfums. Les gens riches avaient des serviteurs qui les massaient et leur servaient de manicures, de pédicures, et sans doute aussi de coiffeurs. Avant et après le repas, on se lavait les mains et la bouche, comme cela se fait encore aujourd’hui en Orient.
Mobilier et Habitation