Les Egyptiens avaient l’habitude de s’accroupir à terre, sur des nattes, pour toutes les occupations sédentaires; c’était la position ordinaire des artisans à leur travail et des scribes en train d’écrire. Par contre, pour manger, ils s’asseyaient sur des chaises, des fauteuils ou même des divans à deux places, devant de petits guéridons ronds, hauts sur pied, où s’empilaient les victuailles. Ils couchaient dans des lits garnis de plusieurs matelas, de couvertures et de chevets en guise d’oreiller, lits à quatre pieds, assez élevés pour qu’on dût y monter à l’aide d’un petit escabeau. Le mobilier comportait encore un certain nombre de coffres de diverses dimensions, où l’on serrait le linge et les ustensiles de toute sorte. En ce qui concerne les habitations, nous n’avons guère de renseignements pour l’Ancien Empire; ce devaient être des constructions légères, en partie en briques crues ou en terre pilée, en partie en bois, avec des jours qu’on pouvait fermer, au moyen de tentures multicolores ou de nattes; comme plafond, des solives de bois de palmier, se touchant, supportaient une terrasse en terre battue.


Chasse et Pêche

Les grands marais remplis de poissons et d’oiseaux de toute sorte qui bordaient la vallée du Nil, fournissaient aux seigneurs égyptiens, grands amateurs de chasse et de pêche, un terrain incomparable. Ils s’y rendaient avec leurs gens qui sur place préparaient des nacelles légères en faisceaux de tiges de papyrus, dans lesquelles tout ce monde s’embarquait, pénétrant dans les fourrés marécageux. Le maître tenait d’une main des oiseaux captifs dont les cris servaient d’appeaux, tandis que de l’autre il brandissait son boumerang et le lançait adroitement sur le gibier, abattant l’un après l’autre le héron, l’oie, le canard, la grue, que ses gens allaient chercher dans les roseaux; puis il saisissait un harpon à double lame barbelée avec lequel il transperçait d’une main sûre les gros poissons passant à sa portée, qu’il relevait tout ruisselants d’eau. Cette arme puissante lui servait aussi à se défendre contre l’hippopotame qui aurait pu venir troubler sa promenade.

Aux confins du désert, la chasse était plus fructueuse, mais plus difficile et plus dangereuse aussi; on y rencontrait la gazelle, l’antilope, le bœuf sauvage ainsi que le lion et la panthère. Le seigneur égyptien s’y aventurait rarement, mais il y envoyait certains de ses hommes, chasseurs de profession qui, accompagnés de leurs grands chiens, poursuivaient le gibier et l’attaquaient avec leurs flèches ou au lasso.

Il ne suffisait pas d’approvisionner le garde-manger, il fallait se constituer une réserve vivante d’aliments et remplir la basse-cour. A cette fin, au moment du passage des oiseaux migrateurs, on disposait sur des étangs de grands filets tendus sur des cadres en bois et on attirait le gibier au moyen d’appâts ou d’appeaux; une fois que le vol s’était posé sur l’étang, un surveillant caché tout près de là donnait un signal, d’autres hommes tiraient vivement sur une corde, le filet se refermait sur les volatiles qu’on sortait avec précaution et qu’on enfermait dans des cages pour les porter dans de grandes volières grillées et munies de bassins d’eau, où on pouvait les conserver et les engraisser.