Pour ce qui est de l’architecture militaire, de hautes et massives forteresses en briques crues remplacent les simples enceintes formées d’une épaisse muraille, en usage sous l’Ancien Empire. Nous avons, à la frontière méridionale de la Nubie, deux bons exemples de ces constructions, qui dominent de très haut le terrain environnant et qui devaient opposer une très grande résistance à l’escalade et à la sape. Le progrès réalisé dans ce domaine est très naturel et cela n’a rien d’étonnant, puisque la monarchie égyptienne, à cette époque, a un caractère militaire très prononcé et se distingue en cela très nettement de celle de la période précédente.
Sculpture
La statuaire du Moyen Empire continue à suivre, presque sans s’en écarter, les traditions des dynasties memphites; ses procédés sont identiques, et c’est à peine si nous pouvons signaler un peu plus de fini dans les parties qui étaient autrefois laissées le plus souvent à l’état d’ébauches, les jambes et les pieds. Ce sont toujours les mêmes formes, les mêmes attitudes, avec plus de délicatesse peut-être, mais moins de puissance; on recherche moins la ressemblance exacte, réaliste, de la figure à reproduire, qu’une sorte de portrait idéalisé qui n’a plus sans doute que les caractères généraux de l’original: ainsi dans les dix statues de Senousrit I découvertes à Licht, statues identiques de dimension et de matière, sorties ensemble d’un même atelier, toutes les têtes, qui à première vue paraissent semblables, sont dans le détail très différentes les unes des autres et cependant les traits d’ensemble restent les mêmes et se retrouvent aussi dans les autres statues du même souverain.
Sous le Moyen Empire les statues sont beaucoup moins abondantes que sous l’Ancien, car les particuliers, quelle que fût leur position, n’en déposaient plus guère dans leur tombeau. Encore ces statues sont-elles presque uniquement en bois, les unes de grandeur naturelle, d’autres très petites. Seuls les très hauts personnages avaient le droit de placer dans les temples une image faite à leur ressemblance; les rois par contre y dressaient souvent des statues colossales en granit, dont plusieurs sont parvenues jusqu’à nous, ainsi que les sphinx, également en granit, qui bordaient les avenues de ces temples, sphinx dont la tête était toujours un portrait plus ou moins fidèle du roi régnant. D’autres statues, moins grandes, ornaient les parties apparentes des tombeaux royaux et parfois même on déposait une statue du ka ou du double dans le caveau funéraire, près du sarcophage, comme dans les tombeaux des simples particuliers. Telle la statue de bois du jeune roi Hor Aouabra, qui fut probablement co-régent de son père Amenemhat III, monument délicieux de travail, d’expression et de sentiment, qui restera un des joyaux de l’art égyptien.